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Pour quoi a-t-on besoin des médecins heureux?! Autour de “Embracing individuality will save medicine.” via @kevinmd kevinmd.com

Il semblerait que “Individuality matters to doctors.”

L’individualité compte beaucoup pour les médecins. Excellent post sur Kevinmd.com qui résumé parfaitement le changement sociétal et la place du médecin dans la société actuelle. J’en ai déduis que l’individualité (bon sens du terme) c’est parler du besoin d’avoir des médecins heureux.

Un médecin heureux dans on métier, est un médecin passionné par la médecin et par ses patient. C'est une espèce en voie de disparition et c'est Pourquoi les (mes) enfants ne vont jamais faire médecine.

Bien avant mes 18 ans j’avais choisi faire médecine

Comme la plupart de mes confrères, j’ai choisi la médecine parce que c’est une valeur humaine. Quand tu a 18 ans et tu choisis don futur métier, tu ne pense pas qu’il peut y avoir plus noble métier que de rendre service à ton prochain qui est en souffrance (je parle de la santé). Je continue à penser que la médecine, ce n’est que de l’humanisme. Les considérations sociales, matérielles, la vie du médecins n’ont que peu d’importance dans ton choix, surtout à 18 ans. Ces sont les parents qui peuvent t’influencer dans un sens ou dans l’autre.

  • Quand un de tes parents et lui-même malade, abonné aux cabinets de consultation, quand l’odeur de clore qui embaume les salles d’attentes des dispensaires c’est imbibé fortement dans ta mémoire olfactive forcement devenir médecin c’est l’apogée.
  • Mais quand tes parents sont médecins, en proient au burn-out, épuisés par une administration d’un fonctionnement périmé, plus souvent à batailler avec Word et Excel ou l’administration qu’avec la maladie, forcement, ne t’y pousseront pas à les suivre. Et cela même si, quand ils te parlent des soins, ils ont les yeux qui brillent = parce qu’ils continuent à aimer leur métier de médecin (soignant) et détestent celui de médecin (agent-administratif).

Mes parents font partie du premier groupe, mais en tant que parent, je me situe plus dans le deuxième cas de figure:

Je n’encourage pas mes enfants à me suivre dans mon choix, même si j’aime mon métier!


Les médecins et la mondialisation – un paysage qui change et les médecins ne s’y retrouvent plus

Je ressentais un espèce de mal-être à évoquer les difficultés que l’on rencontre dans mon métiers, de s’identifier aujourd’hui dans la médecine. Pas dans la partie qui veut dire soigner mais dans l’envers du décors – la partie administrative, comptes rendu, lettres en tout genre.  Et puis, je croyais, que c’est une mal français. Fidèle lecteur du blog de KevinPho.com , j’ai découvert avec étonnement, qu’ils vivent la même chose – la mondialisation touche aussi le mal-être des médecins. C’est très bo post écrit par Adnan Khera, MD.

Tout comme nous, dans la vielle Europe, le paysage de la médecine qui attirait les individus les plus talentueux pour l’exercer, change. Etre médecin était un symbole, un idéal, une image : celle du désintéressement tout en étant estimé par la communauté:

In the past, being a doctor brought with it an image. A selfless individual revered by his community and compensated well but fairly.

C’est fini cette époque! Bon nombre des médecins en exercice aux Etats-Unis ne recommande plus ce métier. En France, autour de moi, les enfants de mes confrères sont tous dans des Grandes Ecoles, Ecoles d’Ingénieurs, Ecole de Commerce. D’ailleurs on le voit dans les stages d’externes : de moins en moins des enfants des médecins parmi les externes en médecine.


Pourquoi le statut du médecin change de manière inéluctable.

Plusieurs explications pour ce changement de la médecine et du statut du médecin :

L’époque du médecin encyclopédiste est révolue.

Les connaissances dans tous les domaines y compris dans la médecine augment en volume et en vitesse d’actualisation. Il n’y a que des politiciens qui croient qu’un médecin peut-être un touche à tout parfait – passer de la prostate, au diabète et au rhumatisme. Ce qui était rn médecine un dogme inébranlable il y a quelque années est complètement remis à plat. La plupart des connaissances médicales acquissent en étant étudiant en médecin ne sons plus d’actualité. En urologie on a  l’exemple du cancer de la prostate – les traitements, le IRM, le LASER, tout a changé ou presque en moins de 10 ans d’existence.

Le travail en équipe c’est la nouvelle norme en médecine

De plus en plus des experts et des économistes luttent contre la culture du travail en « cavalier seul » pour favoriser la culture du travail tel dans un équipage – chacun à son poste : la société n’a plus besoin des médecins, des penseurs, mais des techniciens, efficaces dans leur tâches pour améliorer la coût et le résultats.

“that we need technicians, not thinkers”

C’est un métier avec une faible compensation financière par rapport aux investissements: de temps de vie et en moindre mesure de l’argent (en tour cas en France).

Certes, nous ne sommes pas aux Etats-Unis et qu’en France les études des médecines sont (soi disant) gratuites, ou bien pourquoi se plaigne-t-on : on a un salaire en tant que médecin en formation (interne). Peut-être en France pas besoin de s’endetter pour être chirurgien urologue, mais il faut juste avoir un toit, manger, avoir une vie familiale (eh oui – les médecins veulent avoir des enfants) – vivre quoi! Vite fait des calculs, on considérant qu’on a le Bac à 18 ans, dans les meilleurs de cas vous êtes nommé praticien hospitalier à l’âge de 34 ans avec un salaire statutaire d’environ 3600 euros. Ceux qui n’aiment pas le riches, vous disent qu’à plus de 3000 euros par mois vous êtes riche!

A 34 ans, vous êtes Bac + 13, vous êtes marié, des enfants fait entre deux gardes, gardés pas les grands-parents car ni place en crèche ni moyen pour se payer une nounou,  et vous avez réalisé votre rêve absolu – chirurgien urologue.

Quel autre Bac + 13, rentre enfin de la vrai vie économique de manière indépendante avec 3600 euros mensuel? 

Et ne parlez-pas de vocation – faites comme mon boulanger ! Mon boulanger, que j’aime bien par ailleurs, lui, il ne me parle pas de ma vocation quand je dois lui payer la baguette !

L’exemple le plus parlant du statut économique, c’est quand un de mes chefs de cliniques, pour son bail de location m’a sollicité comme garant pour une caution solidaire. Son statut précaire ne convenait pas à son propriétaire!

La médecine, est un métier usant physiquement et psychologiquement

C’est connu, en France, la durée légale du travail est de 35 heures! C’est pourquoi le statut des internes en médecine (statut qui vient juste de changer) passe à 10 demi-journée hebdomadaires, en sachant que la demi-journée n’a pas de durée précise. Les Chefs de cliniques sont toujours à 11 demi-journée obligatoires par semaine et les RTT ne savent pas ce que c’est – ils n’ont pas le droit! Pour les PH, c’est plus simple = durée de 48 heures, en tout cas en théorie. Personnellement, j’ai compté, un chirurgien hospitalier travaille au minimum  48 heures mais plus près de 60 heures, selon les semaines. Une estimation moyenne fait un montant horaires net autour de inférieur à 20 euros.

Les gardes ? Durant 5 ans année d’internat en chirurgie, on a partagé les gardes à 3 ou 4 internes – j’ai du découcher environ  500 nuits. A partager la nuit entre les urgences, le bloc opératoire et ma piaule et manger des contenu des barquettes infâmes (quand ils en restaient).

Et cela ça use, mais quand on le ressent c’est trop tard.

C’est un métier avec un fonctionnement hiérarchique et obsolète.

A tout moment on est dépendant d’un subjectivisme des chefs, mais qui a une force de loi ! C’est la loi du troupeau qui est à suivre – être un bon mouton, faire le travail sans faire de remous, et sans te montrer en tant que – être individuel. On ne te demande pas de penser mais de suivre la pensée des autres, qui est la norme.

On est dans un système dans lequel, l’individualité est bannie:

the hierarchical structure of training in medicine is the toughest part of being a physician. Performance is often gauged subjectively which encourages uniformity of thought. As a result, the atmosphere is oppressive to any actual diversity. What makes medicine so resistant to change is the idea that unchecked opinions about trainees determines success. And deviation from the norms is punished. The banishing of individuality is promoted under the banner of professionalism.

 Faut suivre la norme, s’encadrer dans des recommandations (qui vont changer dans quelque années, ce n’est pas grave), prescrire ne pas ce dont vous pensez que c’est adapté à vos patients, mais ce qui est moins coûteux. Et si statistiquement votre pratique s’écarte des normes bien-pensantes, il se trouvera un fonctionnaire plein de zèle, dans un quelconque administration qui se fera une obligation de vous rappeler à vos obligation civique, et de cesser de penser, on l’a déjà fait pour vous. Penser à suivre le pointillé. Heureusement, son BAC+3 ne lui donne pas les connaissances pour juger votre pratique.

Ce que l’on oublie, ce que l’individualisme fait est l’essence de l’humanité.

Additionally, by embracing individuality, we allow ourselves to retain our humanity. We are then better able to empathize with our patients because we better reflect the diversity of our patients. Not ethnically, but as artists, athletes, parents, entrepreneurs — as people, we can understand their values. That enhanced understanding allows us to better treat our patients. Because better people make better doctors.

  • Nous ne sommes pas une société des moutons à suivre la loi du troupeau. L’idéal communiste, était de faire disparaître l’individu au profit de la société. Des têtes pensantes semblables à celle qui décident pour nous aujourd’hui, décidaient et planifiaient NOS BESOINS, mais sans tenir compte de SES BESOIN D’INDIVIDU PENSANT et pouvant définir lui même ses besoins.  En médecine d’aujourd’hui c’est pareil: on pense et on décide pour vous (bonne pratiques, honoraires, durée du travail..).

Il y a ceux qui travaillent pour vivre et ceux qui vivent par  et pour le travail.

Aujourd’hui, le rêve de tout humain, c’est avant tout d’être heureux dans son boulot quelque soit son métiers. La société bouge et on en voit de tout:

  • des médecins qui rêvent d’ouvrir un restaurant;
  • machiniste de bus, qui se lance dans l’informatique;
  • banquier qui dévient boulanger;
  • et à part ces exemples personnel, il y en a d’autres, preuve que l’on cherche à être épanoui dans le métier. On en veut plus de metro-boulot-dodo!

Etre heureux dans son métier c’est aussi la garantie d’un métier bien fait. Qui aimerait se faire opérer par un chirurgie en plein dépression.  Ou, consulter un psychiatre malheureux?

Mais que les médecins, sont de moins en moins heureux, ce n’est plus une supposition mais une triste réalité.

Parlez-on à votre médecin! Est-il épanouit?

Une société sans médecins heureux et une société qui est triste. Faut faire en sorte que la médecine continue à faire rêver les jeunes, pour l’on soit soigné par les meilleurs d’entre eux. C’est la seule garanti d’être bien soigné.

Comment peut une société faire en sorte que les médecins soient moins tristes – les écouter.

En tout cas, mes enfants, eux ne vont pas faire médecine, et je suis bien triste, car j’aime mon métier.


Vous avez aimé, détesté, d’accord ou pas, merci pour vos réactions (courtoise!).Pensez à Liker RT Share Plus


2 Comments

  1. Julia Marinho Khelfi says:

    Excellent post. Bravo Vincent!

    Like

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